Phenomenologie et esthetique

by Renaud Barbaras, Raymond Court, Francoise Dastur, Georges Didi-Huberman, Jacques Garelli, Isabel Matos Dias, Holger Schmid, preface by Eliane Escoubas

Book cover: Phenomenologie et esthetique

Extent: 240 pages

Publisher: Les Belles Lettres

Subjects: Philosophy

Series: Encre Marine

Language: French

Paperback (Out of print)

(September 1998)

ISBN: 9782909422312

Price: $34.00

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Veut eclairer, au sein de la phenomenologie, a la fois la jonction et la disjonction des deux sens du terme esthetique du sensible et esthetique de l’art, et montrer comment le destin de la phenomenologie, dans ses recherches fondamentales comme les plus recentes, a partie liee avec l’oeuvre d’art picturale, poetique ou musicale.

  • By (author) Renaud Barbaras
  • By (author) Raymond Court
  • By (author) Francoise Dastur
  • By (author) Georges Didi-Huberman
  • By (author) Jacques Garelli
  • By (author) Isabel Matos Dias
  • By (author) Holger Schmid
  • Preface by Eliane Escoubas

" Les auteurs du present ouvrage (Renaud Barbaras, Francois Dastur, Georges Didi-Huberman, Eliane Escoubas, Jacques Garelli, Isabelle Matos Dias, Holger Schmidt) se demandent si l'esthetique, ontologie de l'art, ne serait pas le destin meme de la phenomenologie. C'est Raymond Court qui donne le point de vue du musicologue, nous entretenant du rythme comme energie de La forme , du temps vecu & du temps musical, du temps directionnel & du temps suspendu, de l'epiphanie du present chez CI. Debussy, de la transcendance du temps. Comment la phenomenologie - qui se donne pour tache d'elaborer ""l'apparaitre"" comme mode, de ""l'etre"" - a-t-elle partie liee avec l'oeuvre picturale, poetique ou musicale ? L'ontologie de cet ""apparaitre"" ne rend-elle pas necessaire de depasser l'esthetique ? Tel etait le point focal du colloque ""Phenomenologie & esthetique"", dont voici regroupes, sous deux rubriques, les textes des communications :Investigations esthetiques"" (Sentir & faire / Esthetique et hermeneutique / Heidegger Fiction & phenomene) et ""L'oeuvre d'art en phenomenologie"" (Husserl & Proust / Ouvrir une image / Du visionnaire chez Merleau-Ponty / Temps & musique). Avec sa finesse d'analyse et son bonheur d'expression coutumiers, Raymond Court nous entretient, dans ce dernier texte, du rythme comme principe energetique de tous les arts, de 'impenetrabilite du temps naturel, des liens du temps vecu et du temps musical, distinguant temps directionnel et, singulierement chez Debussy, temps suspendu "" coalescence du desir et du souvenir "". Dans l'un de ses derniers textes, Merleau-Ponty appelait de ses voeux une philosophie "" capable de se transporter sur le cercle de feu du visible, du nommable, du pensable "" , comme si le destin de la phenomenologie devait etre esthetique autant qu'ontologique. C'est ce destin qu'ont interroge les participants au colloque "" Phenomenologie et esthetique"", dont les textes sont ici reunis. Philosophes, phenomenologues et historiens de l'art se sont rencontres autour de deux questions formulees, dans sa preface, par Eliane Escoubas : si l'esthetique presente deux sens, l'un relatif au sensible ("" aisthesis "", en grec, signifie "" sensation ""), l'autre a l'art, quel rapport entretiennent-ils ? La phenomenologie n'est-elle pas le lieu ou se nouent ces deux sens et ou, en meme temps, ils tracent leur difference ? A travers la question de l'unite de l'esthetique se pose donc celle de la vocation de la phenomenologie.De ces trois termes - sensible, art, phenomenologie -, sont explorees, d'article en article, les possibles combinaisons. D'abord, comment fonder, par-dela la dualite entre l'experience sensible et l'experience artistique, l'unite de la sensibilite ? Renaud Barbaras montre comment, pour Merleau-Ponty, cette unite repose sur la notion d' "" expression"" : entre la simple perception et la creation artistique, il y a bien continuite, des lors que le corps est deja producteur de signes. Mais, objecte Barbaras, renvoyer a l'expression l'unite de la sensibilite, c'est la soustraire au sensible. Ne pourrait-on plutot, a la suite de Paul Valery et d'Erwin Straus, saisir, a meme le sentir, son unite ? La sensibilite, en effet, loin d'etre une pure receptivite, est en elle-meme creatrice ; elle est, deja, un debut d'oeuvre, et ce en tant qu'elle est, essentiellement, desir.Francoise Dastur, elle, explore une autre voie : a la suite de Gadamer, elle critique l'idee de pure receptivite esthetique. Ce n'est pas arrogance de philosophe que de voir, dans l'experience artistique, un mode de connaissance ; ce sont, au contraire, la pure vision, ou la pure audition, qui ne sont que des abstractions. L'oeuvre d'art ne peut etre scindee de son milieu, de sa fonction et, encore moins, de sa representation. Aussi s'accomplit-elle dans le jeu (execution, interpretation ou, simplement, lecture), par lequel elle est, a chaque fois, recreee.Mais c'est la vocation de la phenomenologie qu'il faut alors interroger. Si l'art est, deja, devoilement, la phenomenologie ne fait-elle que le redoubler ? Est-elle seule capable d'en deployer la puissance ontologique ? Doit-elle, alors, venir eclairer des oeuvres singulieres, comme le fait Georges Didi-Huberman en explorant, dans un bel article, un inquietant triptyque de Botticelli ? Le texte de Jacques Garelli permet, peut-etre, de repondre a ces questions, puisqu'il compare les approches proustienne et husserlienne de l'experience du souvenir. L'un des principaux acquis de l'analyse intentionnelle reside, pour Husserl, dans la mise en evidence des "" potentialites de souvenir "". Or c'est precisement ce nimbe, ce halo de la memoire que Proust veut evoquer. L'analyse sinueuse et precise de Garelli eclaire, a partir de cette communaute de projet, les divergences entre le poete et le phenomenologue, soulignant, du dernier, a la fois les lacunes et la specificite.Ces textes sont salutaires, en ce qu'ils temoignent de la capacite reflexive de la phenomenologie, tout en en attestant la fecondite - tour a tour elucidation du sentir, philosophie de l'art, meditation d'une oeuvre, ou reflexion sur sa vocation, elle se deploie comme une methode unique ouvrant a de multiples voies, souvent delaissees, et qu'elle est seule a pouvoir explorer. "