Cezanne
by Joachim Gasquet
(Hardback) (Published)
(July 2003)
ISBN: 9782909422640
Price: $33.00
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Un grand silence encore. Puis, il me regarde, et je sens ses yeux qui, jusqu’au fond de moi, par dela moi, jusqu’au fond de l’avenir, m’eblouissent. Il a un grand sourire resigne.- Un autre fera ce que je n’ai pu faire? je ne suis, peut-etre, que le primitif d’un art nouveau.Puis, une sorte de revolte effaree le traverse.- C’est effrayant, la vie!Et comme une priere, dans le soir qui tombe, je l’entends qui, plusieurs fois, murmure:- Je veux mourir en peignant?mourir en peignant?
- By (author) Joachim Gasquet
"On pourrait s'etonner qu'outre leurs oeuvres, deja considerables et bouleversantes, un certain nombre de peintres nous offrent, en parallele et en echo, des temoignages esthetiques en meme temps qu'humains d'une tenue litteraire exemplaire : les lettres de Van Gogh, bien sur, le Journal de Delacroix, mais aussi les recits et proses poetiques de Giacometti (recueillis dans la passionnante monographie de Bonnefoy) et ici, relates et comme mis en scene par Joachim Gasquet, les propos de Cezanne. Notre etonnement cede en fait devant une sorte d'evidence : la creation - quel qu'en soit le domaine d'election - s'accompagne d'une telle lucidite - envers soi, ses dons et ses limites qu'elle ne peut egalement que se dire au plus juste, les mots temoignant a leur tour de la meme exigence.Gasquet, fils d'un ami d'enfance de Cezanne, le rencontre a Aix en 1895 : Cezanne a 57 ans, Gasquet, 23. Il faudrait commencer la lecture par cette scene (p. 157) : J'avais vu dans une vague exposition aixoise deux paysages de lui, et toute la peinture m'etait entree dans les yeux. (...) Je m'approchai, je lui murmurai mon admiration. Il rougit, se mit a begayer. (...) ""Ne vous fichez pas de moi, mon petit, hein ?"" (...) Ses yeux se remplirent de larmes. Ses deux mains m'empoignerent. Car Cezanne est seul - avec sa peinture. Gasquet va l'apprivoiser, puis l'ecouter. Ensuite il composera ce livre, simplement, en hommage : dans une premiere partie Ce que je sais ou ai vu de sa vie, dans une seconde Ce qu'il m'a dit...La premiere edition, chez Bernheim jeune, celebre galeriste d'alors, verra le jour en 1921, annee de la mort de Gasquet, par ailleurs poete - justement oublie ? - d'inspiration romantique (aux jours du surrealisme !). Sans doute y a-t-il, de sa part, quelques coups de pouce, quelque inflexion esthetique, un cote Revue Blanche, quelques affeteries de style decadent, d'ecriture artiste - Raymond Jean le releve dans son Cezanne, la vie, l'espace (Seuil) qu'il faudrait lire en parallele - mais au total on peut penser que le respect domine, et la tonalite de ces phrases, de la formule frappante au monologue autobiographique, est tout au long une et reconnaissable.Un homme parle, comme parle Flaubert en ses lettres : comme lui il a du etouffer le romantique en lui, comme lui il souffre du mur de betise que lui opposent ses contemporains, comme lui, la vieillesse venant, il oscille entre la conscience tout de meme orgueilleuse du devoir accompli - devoir envers l'art bien sur - et le doute : ses modeles, les figures tutelaires qui toujours l'ont guide, l'ecrasent en meme temps - Poussin, Rubens, les Venitiens. Alors il travaille, comme il l'a toujours fait, il lui faut realiser : paysages, natures mortes, portraits - peindre d'apres nature, ce n'est pas copier l'objectif c'est realiser des sensations. On n'en finirait pas de citer car Cezanne, exalte, violent ou desabuse, lui qui se dit comme mort , juge, jusqu'au bout, sa tache, tente de la cerner comme il cerne, en clair-obscur, une silhouette sur sa toile : Nous sommes un chaos irise ou La conscience du monde se perpetue dans nos toiles, elles marquent les etapes de l'homme et l'aveu : Je me suis jure de mourir en peignant. Dieu m'en tiendra compte. Signalons aussi la qualite de cette edition, qui nous permet ainsi de lire un texte devenu depuis longtemps introuvable, pourtant de poche : papier Bible, signet, belle typographie - et en couverture le beau portrait de Gasquet, d'une luminosite diffuse, un Gasquet attentif et soucieux, a l'ecoute sans doute - qui nous attend aujourd'hui, entre une vue de l'Estaque et quelques pommes - de Cezanne bien sur - dans une salle aux tresors d'un lumineux mais desert Musee d'art moderne, a Prague. A Aix-en-Provence, le fils d'Henri Gasquet, un ami de Cezanne, decouvrit un jour de 1895 - il avait alors vingt-deux ans - deux toiles du peintre lors d'une exposition locale. Tout de suite eperdu d'admiration, ce jeune ecrivain prenomme Joachim (1873-1921) allait se lier avec Cezanne d'une deferente et totale amitie, visitant avec lui le Louvre, le regardant travailler a Aix et saisissant l'essentiel de la demarche et de l'ideal du peintre. Il offrit son indefectible amitie a l'artiste alors tellement decrie et rejete, brouille avec son camarade de toujours, Emile Zola. A partir de notes nombreuses, son livre, sobrement intitule Cezanne, fut edite une premiere fois en 1921. On y decouvre Cezanne et son exigence dans ses recherches picturales, humble dans la contemplation des resultats, obstine pour vaincre la fatigue et les atteintes de l'age, rompu de travail , harasse de couleurs comme Tintoret, toujours dans l'admiration de Titien, Poussin, Velazquez, Delacroix, Courbet. Ce livre est aujourd'hui un temoignage irremplacable sur la vie de Cezanne au quotidien. J. Gasquet relate d'abord les etapes de la vie de l'artiste, sa jeunesse, sa vie a Paris et a Aix, le temps de son grand age toujours consacre a la peinture, puisqu'il disait vouloir mourir en peignant. Dans une seconde partie intitulee Ce qu'il m'a dit , il transcrit les propos echanges avecl'artiste, les discussions entre l'aine et l'auteur de plus de trente ans son cadet. On ecoute les points de vue, les projets et les esperances du peintre. J. Gasquet fait ressortir la culture de Cezanne qui lisait beaucoup, et relisait Balzac, en particulier Le Chef-d'oeuvre inconnu. On est subjugue d'entendre qu'il n'est rien d'aussi vivant qu'une nature morte depuis Chardin, que les fruits et le sucrier, variant selon les heures et la lumiere et etablissant des rapports entre eux, nous apprennent beaucoup sur nous-memes. On regarde les tableaux du maitre autrement, et l'homme autant que le peintre, emeuvent a la lecture de ce petit livre introuvable redevenu accessible grace a cette reedition si soignee. C'est en 1921 que l'ami, depuis 1896, de Cezanne (1839-1906) publie ses souvenirs et conversations avec le peintre, soit quinze ans apres sa disparition.Temoignages romances, conversations recreees, peut-etre, mais hymne magnifique qui permet, mieux que bien des etudes savantes, de comprendre un homme et surtout de voir sa peinture. Ah ! nous vivons sous la coupe des agents-voyeurs. C'est le regne des ingenieurs, la republique des lignes plates... Est-ce qu'il y a une seule ligne droite dans a la nature, dites ? Cezanne, difficile, emporte, malaisement approchable, intransigeant, apparait sous la plume de Gasquet sous un jour plus humain : un homme soumis a la totale verite de son art. Et il faut savoir gre au biographe d'avoir compris combien c'est l'oeuvre qui explique l'homme, plutot que ce qu'un plat psychologisme n'a cesse de ressasser. Se sentant colore par toutes les nuances de l'infini , Cezanne ouvre la voie a la peinture moderne, celle qui a mis entre parentheses les anecdotes, les cliches, les images, afin de retrouver le contact premier entre l'oeil et le monde sensible.Ce merveilleux petit livre, ecrit de facon flamboyante, superbement edite, pourra constituer un viatique pour tous ceux que l'enigme du visible et de son apparaitre interroge encore. Un artiste, voyez-vous, doit faire son oeuvre comme un amandier fait ses fleurs, comme un escargot fait sa bave... Ce texte a beaucoup fait pour la connaissance de Paul Cezanne. Divise en deux parties - la premiere est biographique ( Ce que je sais ou ai vu de sa vie), la seconde s'intitule Ce qu'il m'a dit - le Cezanne de Gasquet est un temoignage considerable. De ce livre absent depuis longtemps des librairies, la posterite a surtout retenu les propos du peintre sur sa demarche et son art. Ils arrivent, naturels, dans les conversations de l'artiste avec un jeune homme attentif, intelligent, cultive. Fils d'un vieil ami du peintre, Joachim Gasquet jouit du privilege de questionner Cezanne au travail dans son atelier des Lauves, d'accompagner ses visites du musee du Louvre, de le suivre sur le motif dans la campagne aixoise. Gasquet procede un peu comme un chroniqueur qui inscrit sur son carnet la teneur des paroles puis, a partir de ses notes, restitue le climat de l'echange. Comme tout peintre, Cezanne a ses maitres, Rubens, Velasquez, Tintoret, Poussin, les Venitiens, Chardin. Son admiration est egale pour Delacroix et Courbet. Ses auteurs preferes sont Baudelaire, Flaubert dont il se sent proche, au point de lire le poete latin Apulee pour se defaire un moment de la pregnance de l'auteur de Salammbo. Quand je peignais ma Vieille au chapelet, je voyais un ton Flaubert... une couleur bleuatre et rousse qui se degage, il me semble, de Madame Bovary. Le plaisir de relire ou de lire ce texte tient au fait que les propos de Cezanne cessent d'etre des citations, des bouts de phrases inclus dans le discours d'un autre. Ce sont des convictions de peintre. Dans ces conversations, le lecteur saisit la vigueur, l'energie, l'enracinement de la parole dans la pratique et les yeux de l'artiste. Il retrouve la continuite d'une reflexion que l'usage de la citation abolit, du moins restreint.On ne peut que se rejouir de disposer sous la forme de ce joli petit livre de cette pensee de peintre qui a tellement decide de l'orientation de la peinture et irrigue le regard. Il y a dix ans, Jacques Neyme fondait les editions Encre marine pour creer des livres ou fond et forme se rejoignent en un raffinement exigeant. Portrait d'un editeur delicat.Jacques Neyme est un homme des livres comme on est un homme des bois : discret, precieux et rare. A l'image de sa maison d'edition, Encre marine, creee il y a dix ans, un soir de bonne etoile, pour assouvir une passion d'adolescent feru de flaneries bouquinistes et de presses a bras. Il ignorait alors qu'il editerait parmi les plus grands auteurs de philosophie, d'esthetique, de litterature, de poesie... Et que, sans qu'il les sollicite, ces derniers s'adresseraient a lui comme pour l'inviter a approfondir son desir de mettre en consonance le fond et la forme et d'accomplir des textes plutot que de les achever, pour le respect des lecteurs .Du philosophe Henri Maldiney (cf. BAM 20 1) ecrivant sur Francis Ponge et sur l'art nu au poete Francois Cheng, a l'ecrivain Paul Audi accompagne du dessinateur Frederic Pajak, en passant parle Van Gogh de Francois Grimaldi, ils sont plus de 50 auteurs a animer le catalogue de celui qui s'est voulu passeur entre des ecrivains exigeants et un public rare. Un public de celui qui decouvre un ouvrage page apres page, pour que s'en exprime la seve, que s'anime une pensee, que s'accomplisse une petite naissance. L'excellence est un choix difficile dans un contexte de consommation ou les livres sont relegues au rang de produits, indexes a une rentabilite immediate. Et le geste d'offrir des volumes de choix a des prix aussi bas que possible prend la forme d'un voeu quasi politique de diffusion.Pourtant Jacques Neyme, 53 ans et professeur de philosophie, ne se definit surtout pas comme le heros d'une edition militante mais comme un petit artisan, un homme de main qui a la volonte de garder la tradition d'une typographie concue pour la lisibilite et le plaisir de l'oeil. Il avoue que ce n'est pas la moindre de ses passions que de deployer des signes typographiques sur la douceur d'un papier choisi, de noircir des pages immaculees et, aussitot, il se souvient de l'invitation du poete Rene Char : Enfin, si tu detruis, que ce soit avec des outils nuptiaux. Ce sera avec du Garamond, une police de caracteres dessinee au XVIe siecle, et de l'encre bleu marine. Un raffinement qui sied si bien a Cezanne dont Jacques Neyme reedite, des aout prochain, le livre culte ecrit par Joachim Gasquet en 1912. Introuvable depuis des lustres. Un bijou. Des dialogues entre Gasquet et Cezanne que les cineastes Straub et Huillet avaient mis en film en 1990. Le seul livre ou l'on entend Cezanne parler : Il y a une minute du monde qui passe. La peindre dans sa realite ! Et tout oublier pour cela. Devenir elle-meme. Etre alors la plaque sensible. Tout l'ouvrage est de la meme intensite.En preparation dans l'atelier de Jacques Neyme, d'autres textes attendent d'etre portes a leur accomplissement. Une suite sera donnee a Shobogenzo, Uji, Etre- Temps, un des livres cles du bouddhisme zen ou le moine Dogen exprime, sous forme poetique, sa vision de l'univers. Etonnement, la aussi, de voir le texte original calligraphie cotoyer deux recentes traductions, une francaise et une anglaise, aboutissement de plusieurs mois de travail entre le Japon, les Etats-Unis et La Versanne, village du departement de la Loire ou se nichent les editions Encre marine. Rien ne predisposait Jacques Neyme a accueillir un tel livre mais, suite a un article paru dans le journal le Monde, un Francais du Japon l'invite a tenter l'aventure. Il s'y engage. C'est sa conception du metier d'editeur : Se sentir pret a tout entendre, etre surpris de tout ce qui arrive. Meme si les avaries financieres menacent, le desir de continuer est la. Intact et tenace. Certainement pas pour trouver un port d'attache mais pour continuer le voyage. Bon vent Je veux mourir en peignant...Mourir en peignant. (Cezanne) Le livre sur Cezanne (preface par Francois Solesmes) se divise en deux grandes parties I. Ce que je sais ou ai vu de sa vie (subdivise en quatre, La jeunesse, Paris, La Provence, La vieillesse)Il. Ce qu'il m'a dit (le Motif, le Louvre, l'Atelier). Joachim Gasquet a su nous interesser de l'interieur au peintre le replacant d'abord dans son cadre naturel la Provence, c'est d'abord sa memoire, ses sensibilites farouches que nous decrit le poete puis son amitie avec Zola et Baille, puis la revelation pour la peinture : La consolatrice et la desesperante, la passion de sa vie sa tyrannie et son extase, l'unique, l'inevitable celle pour qui il etait et par lequel il devait mourir La Peinture vient. Au dela des admirations du peintre (Rubens, Delacroix, Poussin, Zurbaran, Manet), Joachim Gasquet a su saisir la verite de l'etre qui vecut comme un ascete : Ce que j'essaie de vous traduire est plus mysterieux, s'enchevetre aux racines memes de l'etre, a la source impalpable des sensations (paroles de Cezanne).Cezanne qui, plus tard, s'exprime sur son art : La peinture est une optique d'abord. La matiere de notre art est: la, dans ce que pensent nos yeux. Cezanne qui pressentait n'etre qu'un maillon precurseur d'un art nouveau : Un autre fera ce que je n'ai pu faire... Je ne suis peut-etre que le primitif d'un art nouveau. Le Cezanne de Joachim Gasquet n'etait plus disponible depuis des annees : epuise, disait-on en librairie de ce livre pourtant inepuisable dont chaque ligne recele un tresor. Les editions Encre marine lui redonnent vie et c'est une des tres bonnes nouvelles de la rentree. Son auteur, l'ecrivain Joachim Gasquet a 23 ans, en 1895, quand il decouvre les toiles de Paul Cezanne, le peintre de genie alors malmene par ses concitoyens dont les enfants lui jettent des pierres. Par son admiration rigoureuse, Joachim Gasquet gagne la confiance de l'ombrageux Cezanne et recueille parmi les plus audacieuses paroles d'artiste. Cezanne parle de son metier, des mouvements de sa creation, de ses admirations. On l'accompagne dans ses paysages, au Louvre, dans son atelier. Et, au fil des pages, se produit un miracle : Cezanne est la, vous parle comme personne, vous enjoint de le suivre et vous le faites, vous le suivez. Et plus rien d'autre ne compte que de l'ecouter parler. Plus rien d'autre... Comme Flaubert, jamais satisfait devant la page achevee et oubliant toutes choses pour elle, une volonte absolue, une sorte de saintete le cloitrait devant sa toile, le separait de tout.Il est des rencontres decisives, de celles qui donnent une forme d'assise a l'existence en lui ouvrant un champ precieux d'exploration. Gasquet a fait une telle rencontre en croisant les pas de Cezanne en 1896. Jeune poete, Gasquet a 23 ans. Cezanne 57. Meurtri par les critiques, blesse en amitie, le peintre fait montre d'un caractere ombrageux. Mais l'admiration sincere de ces jeunes yeux lui inspire confiance, faisant ainsi de Gasquet un confident privilegie. Suivra ce livre, hommage a l'homme et a sa demarche creatrice. Observateur minutieux dote d'une plume souple, l'auteur s'attache a montrer combien l'artiste etait habite par son oeuvre. De l'homme, il evoque la nature a la fois humble et acharnee au travail. Il s'attarde aussi sur ses humeurs contrastees oscillant entre lassitude et enthousiasme. Oscillation qui rejoint la tension essentielle de l'artiste, revelant l'exigence et le doute du createur. Ce doute qui ronge et fait parfois vaciller l'etre. Ce doute qui fonde l'exigence meme. Les mots insistent sur cet oeil du peintre ramassant tout sur son passage: la declinaison des gestes, l'enigme des couleurs et des ombres, la vacillation des choses et des etres. Gasquet s'essaye ainsi a remettre en scene cette audacieuse partie de cartes entre Cezanne et son oeuvre. Lettres, conversations donnent a voir comment le peintre a dompte ses elans romantiques, s'est glisse dans la trame du reel pour en extraire les volumes essentiels, traduire les couleurs en une juste apposition. Un cheminement qui permet de saisir quel a ete l'effort de l'artiste pour mener la phrase picturale a la perpetuite coloree du sang capable de se resoudre en un frisson. Une lecture edifiante qui fait de Gasquet non un simple amateur fascine, mais plutot selon le terme nietzscheen un co-moissonneur qui sait nous inviter a retourner au pied des montagnes victorieuses. "
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