Les metamorphoses du pacte diabolique dans l’oeuvre de Balzac

by Kyoko Murata

Book cover: Les metamorphoses du pacte diabolique dans l’oeuvre de Balzac

Extent: 328 pages

Publisher: Klincksieck

Subjects: Literary Studies

Language: French

(Paperback) (Out of print)

(February 2004)

ISBN: 9782252034422

Price: $46.00

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Le diabolique est partout, de tout temps et dans toutes les cultures, sous des noms et sous les formes les plus diverses. Tout le monde est plus ou moins superstitieux. Comment vivre, meme dans le plus materialiste des mondes, sans croire …


Le diabolique est partout, de tout temps et dans toutes les cultures, sous des noms et sous les formes les plus diverses. Tout le monde est plus ou moins superstitieux. Comment vivre, meme dans le plus materialiste des mondes, sans croire peu ou prou a la chance des uns, au ” mauvais oeil ” des autres ? Dans les religions chretiennes, le Diable a droit a une majuscule. Lucifer – porte-lumiere – est un ange dechu mais dote d’un terrible pouvoir, maitre de cet Enfer (lui aussi avec majuscule), ou les ames pecheresses brulent pour l’eternite dans un feu inextinguible. Notre imaginaire en est encore tout impregne, et pourtant personne ne croit plus a l’Enfer, devenu metaphore, meme les plus chretiens d’entre nous. Dans quelques sectes, peut-etre, mais qu’en savons-nous vraiment ? Cependant le diabolique, voire le satanique, resiste tres bien, il nous persecute ou fait nos delices, il alimente des chroniques, des films, des livres, des jeux de roles, qui parfois tournent mal. L’Occident de la fin du XVIIIe siecle et du debut du XIXe vit s’estomper peu a peu, non sans maints soubresauts, le pouvoir seculier des Eglises. Au fur et a mesure que la peur de l’Enfer perdait de son efficace, le diabolique se muait en fantastique : les oeuvres du romandier irlandais Maturin ou de l’ecrivain allemand Hoffmann sont les temoins de ces glissements de sens. Dans La Comedie humaine, et plus precisement dans Melmoth reconcilie, Balzac a donne le coup de grace au Diable. En faisant entrer le pacte en Bourse, le moins qu’on puisse dire est qu’il le demonetise… Chemin faisant, on est passe d’un usage feodal de la parole – la promesse est irreversible -, a un usage bourgeois et commercial, ou le contrat ecrit, meme protege par la loi et les signatures des contractants, est le resultat d’une negociation toujours susceptible d’etre reprise, detournee ou desavouee. Ce passage d’une societe a une autre, d’un regime de parole a l’autre, Balzac en a fait la matiere – avec ou sans diable – de la plupart de ses fictions romanesques.

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